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Lla Côte Rôtie c’est le name dropping à l’américaine, c’est le coteau raviné, les grandes enseignes et une densité digne des rizières au Vietnam. C’est l’intensité de main d’œuvre avec vue sur la pétrochimie, tout le charme de la vallée du Rhône septentrionale, les légendes impayables sur la Côte Blonde et la Côte Brune qui font de cet endroit le Mulholand drive du 69. Depuis la nuit des temps les chevelures se partagent les destins. C’est l’appellation qui donne ses lettres de noblesses au mot « rôti », pourtant pas facile. Associé au poulet ; c’est vitrine grasses, broches d’un autre âge et nourriture approximative. Associé à la côte c’est grand seigneur, fin connaisseur et palpitations chez les nouveaux riches. Oui, c’est le terroir d’exception, les micaschistes et granits que tous s’arrachent, on imagine déjà Jay-Z quitter le Courvoisier pour s’adonner aux plaisirs de cette frissonnante syrah du nord. Mais ce matin, un temps pourri d’un mois de mai qui s’éternise en version novembre, c’est n’est pas le hip hop qui arrive dans mes oreilles. C’est Lunacy qui résonne dans cette longueur de bouche obstinée, si précise dans sa complexité. Swans VS Clusel Roch, il fallait que l’entêtement ait un goût et une oreille.

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BbRUNO DEBIZE exécute le raisin dans le sud Beaujolais. Loin des crus, loin des modes, loin des foires. Pas très causant, son vin est direct. Un passage au bois donne suffisamment de structure à son Gamay mais il garde son esprit : un fruit obstiné, une attaque franche, une note tenue. Dense et direct. La musique de DOPPLeR exécute la raison. Dense et directe. Le trio est classique, puissant, sans additif. Transformer un fruit en boisson est classique, le faire sans additif l’est moins. Le beaujolais et sa banane, son expédition folklorique au Japon et sa robe rose fluo : le triptyque est mis à mal par la production à Debize. Le fluo et les bananes ont également disparu du répertoire de la noise à Doppler. Abrasif, jusqu’au-boutiste, leur son sans additifs n’en est que plus impressionnant, centré sur la palette instrumentale et un savoir-jouer artisanal. Une attaque franche. Sans ajout de synthèse, le vin de Debize reste centré sur son terroir. Et lorsque l’oreille et le palais s’accordent, les tanins certes un peu verts se fondent sur la subtile richesse rythmique, quand les accords de fruit cognent sur une guitare obstinée faussement répétitive. Monolithique sans être monotone. Comment trouver du plaisir dans la crispation ? Ecouter Rail ! Chien ! et son intro de plusieurs minutes pour avoir le temps d’apprécier la subtilité d’un beaujolais qui se révèle plus profond, pour exploser sur un mur exécutant les sens et la raison. Le terroir de Debize, conduit depuis 20 ans en biodynamie est désormais traversé par une autoroute. Doppler, fer de lance de la noise lyonnaise depuis 1997 a splitté en 2010. RIP. Gardez vos disques, gardez vos bouteilles.

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