Ttu crois m’impressionner avec ton concert de punk ? Ton esthétique DIY et tes principes coolos d’auto gérance avertie, d’autodérision angoissée, d’antisystème subtil, tout le tralala auto/anti/attends je t’explique ? Cette flaque de bière mal dégrossie dans laquelle tu philosophes sera bientôt épongée par des bénévoles ambitieux. Tu fais le sympa avec des top ten de bières bon marchés sans voir tout le travail rigoureux des fonds d’investissements allemands propriétaires, les ingénieurs qui luttent chaque jour pour te fournir ce qu’il te faut en énergie et alcoolémie compétitive. Même tes bières artisanales de mecs motivés n’arrivent pas à s’approvisionner dignement en malt et recourent toutes à l’industrie, cette structure gérée en amont par de sobres ingénieurs, pères de famille risquant leur vie pour Areva, brillants intellectuels au service du développement informatique. Tu me fais marrer. Quoi ? Des gars mettent des menhirs dans leurs vignes et des zikos s’effacent complètement derrière leurs instruments ? Tu aimes vraiment le comique de répétition.

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Lla haine de soi est obligatoire dès que tu sombres dans la facilité. Je sais bien que tu refoules ta mélancolie profonde sous des airs de mec pointu. Et puis là tu sombres. Tu te détestes. Tout ce qui t’entoure te répugne comme un bonze dans un Mc Do. Je trouve la marche trop lente, les trottinettes ridicules et les voitures immondes. Je me rétracte comme un gastéropode pour ne pas toucher les horreurs qui m’entourent, imam dans une charcuterie.  Et puis je sombre, épuisé par mon propre style. Hygiène de vie plus centriste qu’un paquet de chipster, extrêmement vigilant quant à mes choix, sous le regard austère des puristes, lorgnant vers le grand mal. Le truc le plus dub que t’écoutes c’est Haxan Cloak. Asocial à la recherche de likes comme un roumain à son feu rouge, méfiant de tes propres envies, auto-suspicion à chaque source de plaisir trop évidente, tu sanglotes mais ne laisses rien transparaitre. Et là je vais te parler de quoi petit schizophrène ? D’un truc facile à boire et d’un groupe de modasses ? La haine de soi est tellement délicieuse.

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Iidéalement faudrait que je fasse du sport. En fait non. On est tous un peu conscient du fait que les relations horizontales ne peuvent souder un collectif, comme l’explique ce vieil excentrique qui nous resitue quelques points de repères sur la carte des lieux saints. Malgré nos GPRS on sait plus trop quel pèlerinage entreprendre, on n’a pas le temps de checker tous les spots des premières pages d’un Lonely Planet alors on s’angoisse devant les distances à parcourir et malgré les guides rigolos de Laurent Deutsch on ne s’arrête plus vraiment dans les rues si ce n’est pour finir d’écrire un SMS parce qu’on a trop froid aux doigts. Alors creuser la roche mère pour y déceler un truc fun à mettre dans Internet je te laisse imaginer. No way. Et pourtant, les sédiments, en plus du pétrole, ont encore quelques perles à nous livrer. Direction La Roche Aux Moines, haut lieu géologique plus qu’historique (je laisse Laurent Deutsch nous dire si oui ou non ce site est français, allemand ou anglais ou si le ballon d’or doit rester aux portugais et si vraiment je dois faire du sport dans ma vie).

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Aavant (quand c’était mieux) on avait de cocasses divertissements comme par exemple : le jeu des capitales (c’était avant Google). On se posait des questions un peu imaginatives comme : t’emporterais quoi sur une île déserte ? Question aujourd’hui désuète car 1) les îles désertes n’existent plus 2) la réponse est unique et universelle : « mon smatphone ». Car, Steve soit loué, l’évangile du XXIème siècle ne promet plus un au-delà hypothétique mais une dématérialisation heureuse, l’appartenance à une communauté personnalisable, des grands évènements collectifs à aimer du pouce levé, des flux reliant chaque point du globe dans des conditions d’utilisations que tu acceptes à défaut de comprendre. Alors grâces soient rendues à cette épiphanie collective, grâce à laquelle je communique, examinant consciencieusement les statistiques de fréquentations de cet inestimable blog, espérant générer ce qui a toujours dimensionné le monde géographique ou numérique : le flux. On a tous besoin de se sentir imprégné du bon flux, de la bonne data, du bon mode d’utilisation. Même les gens un peu casse-pieds qui au pire s’agrippent au contre-flux n’y échappent pas. Mais le flux tourbillonnant, magique comme une vitrine, simplifiant contenu et contenant, connectant offre et demande (iTunes c’est un peu une AMAP) ; ne répond jamais à la question taraudante : l’origine. Du code-source aux sources du Nil tu as toujours l’impression qu’on te cache quelque chose, ou pire, qu’on utilise outrageusement ton ignorance pour te faire avaler la pilule quand d’autres plus malins et moins conspirationistes trafiquent déjà les codes. Heureusement, des sorciers des instants présents découvrent pour toi le monde avec autre chose que le pouce et l’index.

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Iinvariablement, tu déclines toute suggestion même conviviale à améliorer ton comportement. Non que tu sois particulièrement retors mais depuis que tu as quitté les calvinistes tu te méfies des schémas normatifs et maintient une distance salutaire avec toute prérogative un peu invasive. Finalement tu es comme tout le monde très différent des autres. Alors dès qu’il s’agit de s’enthousiasmer un peu naïvement pour certains aventuriers à la recherche d’espaces vierges à infiltrer, il faut la pincette de la rhétorique pour maintenir ton attention qui s’amenuise rapidement jusqu’à ne devenir qu’une petite concrétion densifiée d’apathie contre laquelle mon discours fait ploc. Parce que nous sommes tous un peu excités à l’idée d’avoir dénicher (downstream market) quelque-chose que tous s’arracheront (mainstream market) on devient trop vite échaudés par toute tentative de rafraichissement (gulf stream). Et quand tu croises ceux qui manipulent avec une franche dextérité la complexité, tu te sens pataud et englué dans un quotidien que tu n’invites personne à partager (share this). Et à ce moment précis, lorsque tu te fais tracter puissamment par des fils invisibles qui te sortent de ton plaisir boudé, alors tu éructes cet impayable mot valise « perchés ! ». Rencontre avec Yugo, RIEN et Jaques Granges, Domaine de Beudon, perchés au-dessus de la masse des ignorants.

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Oon a tous énormément de choses à faire. A chaque fois que tu décides de t’y mettre, tu dois gérer des urgences comme checker une appli pour noter ce que tu manges ou réserver ton treck au Pérou. Déguisé en conquistador pour plus de style. Alors on devient tous un peu de mauvaise foi (je touche pas terre) et nos personnalités sociales malgré les update de statuts s’enfoncent dans l’esquive (je suis charrette là). Par exemple, j’étais tranquillement à circuler sur l’autoroute du soleil, la Languedocienne, et son infrastructure semi-publique très étudiée : circulation impeccable, 3G, aire de repos climée et troquets sponsorisés. Direction le terroir de La Clappe. J’ai RDV avec un vieil ami devenu régisseur d’un domaine à l’américaine (un vrai, avec investisseur anglais et consommateurs chinois). Mouais, à voir. Et puis je sors de l’autoroute et la couverture devient rapidement angoissante et le point bleu de mon iPhone qui s’excite et la 3G qui devient E et la raréfaction des points de signalisations. Et là… immanquablement, plus de réseau. Rien pour esthétiser ta vie dans l’Instagram, la honte d’un statut non rafraichi dans l’Internet, le risque de passer à côté du mail qui devait sauver ta carrière et ta vie qui devient un GIF non animé. La perte de repères. Totale. Au beau milieu du massif de La Clappe. C’est dans ce genre de situation que les ours deviennent ce qu’ils n’ont jamais cessé d’être : des repères.

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