Ccette lecture simple et vivace. Une chair ferme, croquante et juteuse. Une trajectoire nette, une belle tension et une finale un peu sèche. Une grande pureté, une trame acide et fraîche. Le vin est un univers loquace dont les crémeuses descriptions et doctes analyses font frissonner nos dimanches. On puise sans plus de précautions dans un langage fleuri et charnel, car le vin, on en parle autant qu’on en boit. La toute-puissance analytique de notre époque cherche à dompter ce vocabulaire, à identifier les aldéhydes plus précisément, à évaluer le plaisir sur une échelle de 1 à 100, et par là crée notre amusement devant les savants-dégustateurs, véritables potentats créant légendes et brisant réputations.  Ah ! nous sommes loin de ces très anthropomorphiques descriptions du XVIIème siècle lorsqu’on disait d’un vin qu’il peut être coquin, aimable, généreux ou brutal. Lorsque le vin était vendu par des apothicaires pour leurs qualités toniques, fortifiantes ou reconstituantes. Evolution des styles dirions-nous… Mais derrière la cravate objective on ne peut s’empêcher de recourir à la chair, à la robe et au corps. D’où cette question que j’ose poser, puisqu’il faut briser les tabous, doit-on parler du vin en recourant au langage scientifique, à celui des arts ou se contenter de très parlantes allusions anatomiques ?

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Aah ouais d’accord, t’as organisé un concert à la ferme ? Avec le purin et tout ? Devaient être content les yuccies. Les santiags dans le fumier. Genre tout le monde qui pisse dans des copeaux de bois ? Ah ouais d’accord. Écolos. Vite ma douche galet. T’avais un sponsor Grolsch ? Ah ouais d’accord genre bière locale brassée avec les pieds, hors de prix et imbuvable. Ah c’était 2 € le demi, genre 8.6 en moins cher et meilleur ? Ah ouais d’accord même pas de partenariat avec The Drone ? Y’avait personne non ? Ah ouais d’accord le mélange des CSP, les rurbains à la rencontre d’authentiques paysans ? Découverte d’une mamelle de chèvre/communion/ascenseur social/égaux face à la mort ? Ah ouais d’accord, genre vous avez joué au milieu des boucs ? L’odeur et tout ? Ah ouais, genre concert dans un lieu atypique/post-Blogo/Architecte de France/rentabilisez notre patrimoine ou je vends tout au Qatar. Un truc de WASP qui défendent leur niveau de vie acquis sur l’inflation des trente glorieuse et qui pleurent la fin de la fête ? Ah ouais avec des produits locaux, genre le Made in France nouveau glamour. Et vous avez bu de la chicorée ? Ah ouais d’accord pas de sponsor Ray Ban ? T’as fait comment pour payer les cachets ? Ah ouais mais t’as vu ta prog. Genre groupes occultes/scène locale pour mec à gilet, groupes de vieux noiseux qui font de la folk parce que le backing band s’est trouvé un vrai job pour arrêter les Daunat en station-service ? Genre dernier blaireau qui commande des disques sur le budget de la mairie pour remplir une médiathèque et qui décide de manger sainement. Avec les enfants en écharpe, locavore et jouets en bois ? Electricité issue de l’uranium équitable ? Ah ouais d’accord hashtag responsablemaispascoupable. Ah ouais d’accord, vous avez bu du Gangloff ? Ouais t’as raison, petit domaine sympa. Ah ouais. En fait t’es un gros bâtard non ?

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Hhey, what’s up the blog ? Dear Internet reader just imagine my broken english « Hello my name is Pier Larbor. When I was a teenager, I was watching MTV, wearing NBA shirts,  buy a skateboard and never manage to use it skateboarding, drinking whisky-coca and listening to Touch me I am sick». « Yeah, nice to meet you, I am Mark, I was chilling with my hommies ». OKay. So welcome in Only Lyon, I am quite exciting to share with you some of the finests wines of this unbelievable region. You know Mark, I am writing a blog about wine and music, exciting no ? sometimes I am writing about FASHION and sometimes about DEATH. I know you are quite bored by chardonnay in backstage, so I have selected for you some masterpieces in Beaujolais, Coteaux du Gier and Côte Rôtie. Let’s go. Pélo.

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Ttu es là, tranquillement, à opérer des choix en tant qu’agent de l’histoire, libéré des archaïsmes et représentations autoritaires. Tu vogues dans un espace homogène classé par onglets. Parfaitement à l’aise avec la modernité, tes capacités cognitives l’emportent sur tes intuitions et tu RT vraiment ce qui te semble pertinent sans t’enflammer ni sur les mouvements de foules (Charlie) ni sur des niches qui te semblent un peu trop convexes (Coulibaly). Tu es somme toute la noblesse contemporaine, mesuré en tout, capable de discernement sans faille lorsqu’il s’agit de jauger un peu d’humour nazi ou juger une performance artistique incluant des régressions hormonales. Et pourtant non. Je suis irréductiblement prisonnier d’une lutte sans merci entre le sacré et le profane, entre le sens unique de la vie et le sens multiple de la mort. J’ai besoin de m’accrocher à l’irréel et dévoiler ce qui s’annonce carrément comme un coming out : l’amour du sacré. Et nous arrivons à ce moment délicat du dernier article d’une saison où l’auteur se dévoile en pétant le vernis de l’autodérision : ce qui le biberonne, ce n’est pas le stream sans fin et en pilotage automatique du cynico-blasé de la Vice-génération. Il y eut dans la vie de l’auteur des impacts forts et structurants qui nous mènent sans plus de détour à la découverte du culte tenace. De la mythologie vivante. Ouais, ce post est un panthéon et puis c’est tout.

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Rrespect. Je te respecte. Tu me respectes. Nous nous respectons. L’ambiance est saine et relaxe. Nous levons les bras et réalisons dans une légèreté toute végétale quelques flexions des genoux. Je suis nu, tu es nu, nous sommes nus. Nous rebondissons, le sourire aux lèvres. Ambiance trampoline géant en slow motion. C’est agréable, les inflexions que prennent nos membres. Quelques fronts qui se rencontrent, dans une chaloupe une arcade sourcilière s’écorche. Oups. Petit pincement, une lèvre commotionnée, quelques chocs absorbés par l’ambiance insouciante. N’eût été la présence de verre pilé sur le sol, cette danse joyeuse se poursuivrait encore de nos jours. Les pieds ensanglantés, quelques lambeaux de chairs pendants et nos mouvements emportés par le cube se renversant doucement, porté par la main d’un géant maléfique et joueur. Et nos équilibres qui permutent, nos faces qui s’écrasent contre un plafond devenu sol, jonché de cette infernale verrerie. Le cube se remplit calmement du mélange de nos corps broyés, sang et verre brassés dans une même mouture. Cette fête trop belle fût un carnage.

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Mmais qu’est-ce que tu fais voyons ? Tu as déjà entendu cette phrase qui résume l’apoplexie générale dans laquelle tu te trouves dès qu’il s’agit d’entreprendre quelque chose qui ne relève pas uniquement du réflexe. Entreprendre quelque chose. Excellent. Aujourd’hui le monde est magiquement propulsé dans le futur par des entrepreneurs futés. Mais dès que tu appliques cette rhétorique à toi-même, le feedback social ne se fait pas attendre « mais qu’est-ce que tu fais VOYONS ». Le ‘voyons’ renvoie ici à la sphère sociale du bien vivre ensemble: l’éventuel sur-moi si tu as reçu une éducation lettrée, l’insupportable poids de la tradition si tu es issu d’une société organique froide. Bref, ça ne va jamais. L’expérience de la réalité ne s’agrège que rarement en un ensemble cohérent, malgré les outils mis à disposition par les réseaux sociaux pour organiser ton parcours personnel (time line). Le temps passe et ne t’apporte aucune information supplémentaire, si ce n’est l’obscurcissement des horizons de ta volonté. « Pourtant, nous avons besoin de nous sentir autorisés pour agir ».

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