Hhey, what’s up the blog ? Dear Internet reader just imagine my broken english « Hello my name is Pier Larbor. When I was a teenager, I was watching MTV, wearing NBA shirts,  buy a skateboard and never manage to use it skateboarding, drinking whisky-coca and listening to Touch me I am sick». « Yeah, nice to meet you, I am Mark, I was chilling with my hommies ». OKay. So welcome in Only Lyon, I am quite exciting to share with you some of the finests wines of this unbelievable region. You know Mark, I am writing a blog about wine and music, exciting no ? sometimes I am writing about FASHION and sometimes about DEATH. I know you are quite bored by chardonnay in backstage, so I have selected for you some masterpieces in Beaujolais, Coteaux du Gier and Côte Rôtie. Let’s go. Pélo.

On a commencé par une géographie approximative. Genre le tour de Lyon tu vois. Avec ses sites culturels attractifs adroitement disposés. Mais lorsqu’on parle viticulture, un détour par le sous-sol s’impose. Les roches sédimentaires du Beaujolais, fonds marins hyper old school, constituent un terroir idéal pour des vins frais et gouleyants, lit-on dans les brochures. Et puis y’a quelques remontées volcaniques. Des roches cuites par les remous de la tectonique, une danse hyper lente du manteau terrestre. Ça remonte sous forme de bulles qui se refroidissent doucement et se cristallisent. Roches dures, retour aux composés minéraux variés créant nuances territoriales qui font les crus du Beaujolais. Lointaines éruptions qui se décomposent en gore, granits ou roches bleues. L’une des irruptions les plus connues est le Mont Brouilly, parfait cône Volvic au pays du vin. Exactement comme ces remontées fusionnant les strates du rock’n’roll vers les éternels retours. Le grunge, sa simplicité, son efficacité, sa dépouille des oripeaux dégoulinants. Et puis il y a le Gamay. Gamay mon amour. Gamay mon grain de gore dans la converse. Gamay si proche d’amour et de game. Gamay le pouilleux, le petit frère rebelle du Grand Bourgeois. Pas besoin de forcer le trait. Tu as compris où je voulais en venir : le Gamay est grunge est c’est tout. Il s’exprime sur le gore, increvable comme une converse dans la fosse. Il se boit au goulot pour calmer les cris.

carte lyon

C’était hyper chelou de parler géologie avec Mark Arm. Surtout qu’il était extrêmement attentif, d’une gentillesse christique et d’une curiosité pétillante. Je suis là à chercher mes mots en franglais, comment dit-on ‘dérivation bactérienne’ déjà ? J’ai commencé le bus tour par la vallée du Gier. Oui, j’aime les vins des Deplaudes de Tartaras et leur job sur un blaze pas facile. Gier. J’en ai parlé ici et je persiste à glisser leurs quilles dans mes dégustes. On a commencé donc par « les yeux fermés » un blanc tout sec, tout frêle, tout cool mais prêt à débouler à la moindre embrouille. Ton pote de collège un peu timide, mais toujours là quand ça coince. Pour relancer les vins du Gier fallait trouver un angle, un créneau. Vins de mineurs ça risquait de rameuter un peu trop de Magic Fans. Et avec la grande côte rôtie en face, fallait pas non plus sauter plus haut que ses testicules. Entre deux, au final, j’aime tellement les vins de Tartaras pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils représentent, parfaite cohérence du fond et de la forme. Ensuite on a glissé vers le nord de Lyon, direction les Beaujo. Pas facile de choisir. J’y reviendrais à mon Beaujo natal, je pense même à une saison spéciale (hashtag teaser). On a opté pour Jean Claude Lapalu. Parce que Cuvée des fous et Rangs des merles ça parle aux tontons du grunge « Yeah, cuvée of the crazy » ! Qu’en dire ? Lapalu c’est glouglou et finesse. Complexe mais pas concave (désolé ça veut rien dire mais j’aime trop le mot concave). Je veux dire ça reste dans une direction suffisamment précise mais ça se permets des écarts tout en godille. Le nez est un peu fuzz, des volatiles, un peu bestial même. Les gens goutent et disent : « ouais ça pogotte sous le bouchon. On a l’impression que y’a du monde qui s’active ».

Cuvée of the cazy

Le Beaujolais village Rang des merles est un genre de capitole du naturel au galop. Ces baies très mûres qu’on va chiper sous les becs jaunes, ça va chercher plus de matière tout en restant dans le gouleyant propre au beaujo. Fraicheur de bourgeon, résistance de la ronce, ampleur du paysage. C’est panoramique. 100% des chroniques de vins qui parlent du Beaujolais utilisent le terme GOULEYANT. Alors je cherche : ça dérive de gueule, de goule, de goulot, de goulet. Donc oui, effectivement. Du goulot à la gueule, la filière courte façon gamay. Pour rester dans le Gamay tout en redescendant doucement vers le Sud, on a ouvert une quille de François Dumas. Un truc à 6,25€ qui risque de faire très très mal quand les gens sauront. Très. Une étiquette cubisto-intermarché mais une bouche impeccable. On a terminé tout ça en grimpant les ravines d’Ampuis, parlant des plus belles syrah septentrionales et pour honorer la venue d’une idole de jeunesse, j’ouvrais les quilles d’une autre idole : Clusel Roch. J’en ai déjà parlé ici. Ils avaient eu la gentillesse de sponsoriser le Live at Pampilles, il restait  une Classique qu’on s’est ouvert, Mark définitivement adepte du Wine&Noise, remarquant connaisseur l’extrême finesse de cette cuvée…Quelques belles photos ont été prises ce soir-là par l’ami Gérald. Vous y découvrirez par exemple que nous sommes équipés comme des professionnels et disposons d’une casserole en inox pour cracher. Mais personne ne l’utilise. Vous verrez les deux fondateurs de Wine&Noise au four et au moulin, attentifs comme des meufs du Sofitel et professionnels comme des mecs qui bossent à Bercy. Tandis que celui qui a un t-shirt troué agite des quilles de Lapalu en sifflotant, celui qui n’a pas de t-shirt troué s’affaire pour renouveler l’abondant stock à déguster. Plus tard, nous devons certainement parler de la taille de quelque chose. Pour le plaisir du souvenir, petite sélection commentée ci-dessous…

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Là j’ai dans la main une quille de Viognier de Gangloff en expliquant un truc que j’imagine fascinant ou incompréhensible devant deux rockeurs attentifs qui se disent vas-y dépêche-toi de remplir nos verres on comprend rien à ton anglais «c’est fascinant ces histoires de pigeage ». En arrière-plan des gens qui disent tu crois que je peux demander à Mark de signer mon poster de Dino Jr ? « hum je sens bien l’inextricable salinité du tanin là ». On constate l’extrême conviction avec laquelle on peut parler de vin, en faisant des gestes éloquents et en écarquillant des yeux qui nous font une tête de grand malade.

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La quintessence de W&N ici résumée : faire d’honorables graphiques devant des instruments de musique éclairés par du matériel coûteux.

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Tu vas parler encore longtemps ? Nan parce que là mon verre est vide mec.

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Une vue d’ensemble soulignant l’intense décontraction avec laquelle nous exerçons nos papilles et pavillons auditifs. Nous sommes modiques. Hey, salut Steve, alors tu utilises quelle pédale du fuzz ce soir ? Sympa ce brouilly non ?

Tu vois Mark, c’est quand même autre chose que ce qu’on te refourgue habituellement dans les loges. Ne me remercie pas, W&N c’est l’excellence française, le service public, les droits de l’homme et quelques siècles de lumière pour les générations à venir.

mudhoney vins

Disclaimer : hey les gars, pas de panique. Personne n’est contre le chardonnay ici. C’est une chanson.

Thanks : Épicerie Moderne, Gérald Tournier, les gars de Sub Pop qui répondent aux mails et bien sûr Mudhoney et leur sympathie légendaire.