Ttu sais que personne ne lit vraiment tes analyses ? Je veux dire, ton plâtrât de word qu’on s’empresse de scroller pour arriver en bas en se disant « en plus il croit qu’on va le suivre sur twitter » ? Cette mystique littéraire absconse, cet érudisme approximatif et cette manière que tu as d’agencer tes chroniques constituent un ensemble fortement indigeste. Alors personne ne lit, c’est ainsi.

Suite à cette remarque aussi juste que lapidaire, nous avons donc revu la stratégie de communication. Il faut faire une vidéo. Ainsi on pourra mieux comprendre. OK. Dommage car cette dégustation avec La Secte du Futur avait abordé sous un angle ludique des problématiques essentielles en matière de fabrication viticole. En cherchant les relations possibles entre le rock garage et les logiques en œuvre dans les vins nature on pouvait mettre le doigt sur certaines constances : immédiateté des compositions, simplicité des moyens, retour à l’essentiel sans se prendre la tête (ce qui nous écarte ici du minimalisme un peu coincé de la frange). Avec Catholic Spray comme point de départ on s’amusait alors à distinguer deux branches d’une culture : un garage qui grince à la T.I.T.S et un garage avec un portail super huilé où tu peux organiser des compèt’ de roller façon La Secte du Futur. Alors on a ouvert les vins des Déplaude de Tartaras, parce qu’ils font sans complexe des vins fins dans la vallée du Gier. Oui, une vallée post-industrielle qui fleure bon les fantômes d’acier et de houille, la parfaite fonctionnalité des échangeurs et les ZAC en perdition. Un terroir qui ne fait rêver personne et n’empêche aucunement les Déplaude d’oser faire des beaux vins en résistance au bétonnage généralisé. Oui on n’a pas des grands terroirs argilocalcaires (le ‘oir’ et le ‘air’ à prononcer gorge déployée), mais on a quelques schistes à dioxine et on réalise avec amour une cuvée nommée « poussières d’étoile ». Et on va même oser planter du pinot en ces terres hostiles (« bah la vigne donne quasi rien, mais qu’est-ce que ça apporte en complexité à nos vins » dixit Pierre André Déplaude), réhabiliter des cépages perdus et continuer à travailler tranquillement et patiemment. Comme ces jeunes qui font du garage à l’américaine sans complexe, sans avoir où s’arrêtera l’envie, et Pierre qui précise « si l’envie m’en prends, rien ne m’empêche d’enregistrer un tango dans ma chambre». Si l’envie nous prend, en toute simplicité, on construira des petites merveilles sans avoir peur des ombres grandiloquentes et en assumant nos défauts. Et quand pour illustrer le garage qui grince on a ouvert les Babioles d’Andréa Calek, le guru de La Secte souligne fort justement « ça sent la ferme abandonnée »… Ambiance donc ferme abandonnée, nature et bonheur, Fag Cop dans les oreilles et « ciel d’orage » dans la bouche : nos horribles peaux sont plus belles que vos oripeaux. Vive le Gier, vive le Futur.