Saison 2

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Aa mon avis les gars ont trop lu « Surveiller et Punir ». Avec le panoptique devenu réalité, le redressement intériorisé des morales et l’apparition d’une armée de zombies individualisés et propres dans leur tolérance, il fallait bien que quelqu’un remette au gout du jour le folklore des exécutions publiques. Nous sommes coupables d’une obsession pour l’image tu vois.  Avec le recours au supplice dans des mises en scènes gangsta, c’est la langue percée des blasphémateurs agitée devant le pouvoir qui affirme sa véracité. C’est sûr que la civilisation des mœurs avec sa cour disciplinée et son monopole de la violence en a pris un coup. On comprend plus vraiment ce qu’il nous arrive, on pensait gérer la fin de l’histoire comme un profil facebook. Tu vois pourquoi il faut se battre pour nos valeurs. Faire la guerre. Tu vois ? Non ? Il n’y a pas de protection sans exclusion. Terrain glissant de l’explication. Dois-je te rappeler les différences entre explication et compréhension ? Tu crois vraiment que j’ai le temps de lire tous ces bouquins ? Comme on dit dans Leftovers: nous avons tord parce qu’ils apportent quelque chose qu’on n’a pas.

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Ccette lecture simple et vivace. Une chair ferme, croquante et juteuse. Une trajectoire nette, une belle tension et une finale un peu sèche. Une grande pureté, une trame acide et fraîche. Le vin est un univers loquace dont les crémeuses descriptions et doctes analyses font frissonner nos dimanches. On puise sans plus de précautions dans un langage fleuri et charnel, car le vin, on en parle autant qu’on en boit. La toute-puissance analytique de notre époque cherche à dompter ce vocabulaire, à identifier les aldéhydes plus précisément, à évaluer le plaisir sur une échelle de 1 à 100, et par là crée notre amusement devant les savants-dégustateurs, véritables potentats créant légendes et brisant réputations.  Ah ! nous sommes loin de ces très anthropomorphiques descriptions du XVIIème siècle lorsqu’on disait d’un vin qu’il peut être coquin, aimable, généreux ou brutal. Lorsque le vin était vendu par des apothicaires pour leurs qualités toniques, fortifiantes ou reconstituantes. Evolution des styles dirions-nous… Mais derrière la cravate objective on ne peut s’empêcher de recourir à la chair, à la robe et au corps. D’où cette question que j’ose poser, puisqu’il faut briser les tabous, doit-on parler du vin en recourant au langage scientifique, à celui des arts ou se contenter de très parlantes allusions anatomiques ?

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Ttu es là, tranquillement, à opérer des choix en tant qu’agent de l’histoire, libéré des archaïsmes et représentations autoritaires. Tu vogues dans un espace homogène classé par onglets. Parfaitement à l’aise avec la modernité, tes capacités cognitives l’emportent sur tes intuitions et tu RT vraiment ce qui te semble pertinent sans t’enflammer ni sur les mouvements de foules (Charlie) ni sur des niches qui te semblent un peu trop convexes (Coulibaly). Tu es somme toute la noblesse contemporaine, mesuré en tout, capable de discernement sans faille lorsqu’il s’agit de jauger un peu d’humour nazi ou juger une performance artistique incluant des régressions hormonales. Et pourtant non. Je suis irréductiblement prisonnier d’une lutte sans merci entre le sacré et le profane, entre le sens unique de la vie et le sens multiple de la mort. J’ai besoin de m’accrocher à l’irréel et dévoiler ce qui s’annonce carrément comme un coming out : l’amour du sacré. Et nous arrivons à ce moment délicat du dernier article d’une saison où l’auteur se dévoile en pétant le vernis de l’autodérision : ce qui le biberonne, ce n’est pas le stream sans fin et en pilotage automatique du cynico-blasé de la Vice-génération. Il y eut dans la vie de l’auteur des impacts forts et structurants qui nous mènent sans plus de détour à la découverte du culte tenace. De la mythologie vivante. Ouais, ce post est un panthéon et puis c’est tout.

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Oofficiellement, j’ai dû quitter le monde des humains lorsque, grâce au brillant LJB, j’ai appris l’existence de ça. Tout ce que nous avions imaginé en matière de pilules, de Soleil Vert à Matrix, n’était en fait que versions édulcorées d’un Top Chef pour crudivores. Non, le singe talentueux qui laissait des traces dans la boue volcanique tanzanienne (habilis), devenu entre-temps cet océan de sagesse (sapiens) n’a jamais fini d’innover (ctrl alt suppr). Libérer l’homme de la contrainte alimentaire est sa mission, celle qui consiste à assurer les prises commensales selon un optimum fonctionnel permettant au client d’avoir plus de temps à consacrer à Internet. Ces Michel-Ange du ravioli élèvent notre esprit et libèrent nos papilles de contraintes sociales pesant lourdement sur nos archaïsmes gustatifs. Bénis soient-ils.

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Cce post est un vague souvenir. Se souvenir : activité sous forme de constat désagréable et de plus en plus fragmenté du fait que désormais ta vie se dégrade et que tu n’y peux rien. On va parler de ces jouissances si piteuses dans leur mélange de mauvais goût et d’extase : le tourisme et la fête. Parce que tu crois encore qu’il suffit d’agiter les bras pour faire vibrer ton visage engagé dans un grand huit au ralentis ou de faire croire à tout le monde que tu as un agenda de dingue pour augmenter ton personal branding. Et même si tu as bien conscience que l’équation (Opodo + Claude Lévi-Strauss + Michel Houellebecq = Triste Thaïlande) n’augmentera pas ton capital social, personne t’empêchera de profiter d’une destination exotique pour ramener des clichés funs et authentiques quand le principal étranger est devant toi à ce repas interminable : je suis ton père. Celui-là même qui a speedé pour trouver des trucs zens à Nature & Découvertes, preuve que la plupart de nos décisions sont basées sans autre alternative sur la fonction 2+2= ? Et comme le turnover est plus important que la nature des choses, que Stromae ait remplacé Manu Chao dans la catégorie ‘chantres des fêtes mondiales’ ne fait qu’augmenter ta confiance dans cet ensemble huilé.

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Ttu crois m’impressionner avec ton concert de punk ? Ton esthétique DIY et tes principes coolos d’auto gérance avertie, d’autodérision angoissée, d’antisystème subtil, tout le tralala auto/anti/attends je t’explique ? Cette flaque de bière mal dégrossie dans laquelle tu philosophes sera bientôt épongée par des bénévoles ambitieux. Tu fais le sympa avec des top ten de bières bon marchés sans voir tout le travail rigoureux des fonds d’investissements allemands propriétaires, les ingénieurs qui luttent chaque jour pour te fournir ce qu’il te faut en énergie et alcoolémie compétitive. Même tes bières artisanales de mecs motivés n’arrivent pas à s’approvisionner dignement en malt et recourent toutes à l’industrie, cette structure gérée en amont par de sobres ingénieurs, pères de famille risquant leur vie pour Areva, brillants intellectuels au service du développement informatique. Tu me fais marrer. Quoi ? Des gars mettent des menhirs dans leurs vignes et des zikos s’effacent complètement derrière leurs instruments ? Tu aimes vraiment le comique de répétition.

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