Ddès l’instant où tu as réalisé que tu ne te réaliserais pas, tu as pris les devants et des décisions qui à défaut d’avant-garde seraient rassurantes pour ton entourage. Tu aimes évoluer calmement à la recherche de sensations fortes, sans te disperser ou sacrifier au risque ton équilibre. Tu sais également qu’ils sont nombreux à vouloir atteindre « l’équilibre de la nature » et non sans malice tu repenses aux équations logistiques [x t+1 =K xt(1-xt)]. N’en déplaise aux tenants du sacro-saint équilibre de la nature, une population subit des oscillations chaotiques où les effondrements suivent les périodes de croissances exponentielles. Oui déterminisme et aléatoire ne sont pas incompatibles. Tu le sais car tu aimes saisir l’épaisseur des données et bâtir ta vie sur des bases solides. Et finalement tu refuses de participer à cet événement culturel immanquable, préférant rester dans ta chambre, chantant à tue-tête du Neurosis, méditant sur les vers de ce bon vieux naturaliste « I would rather be ashes than dust ». Continue Reading →

Ttu as lu quelques papiers qui te parlent polarisation du marché de l’emploi et disparition des classes moyennes, remplacée ni par la mondialisation ni par les immigrés, mais bien par la technologie. Tu lis ça sur ton iPhone là. Ouais, ça c’est le côté offre sur le marché du travail. Niveau demande, tu as bien compris l’augmentation de la valeur sociale et économique du temps libre. Parce que liker des trucs est une activité que certains jugent cool et d’autres rentables. La boucle est bouclée. Polarisation aussi dans la musique où des saltimbanques mal nourris écument les soirées à prix libres quand ils ne sont pas expulsés des squats vs des stars multi-globales qui peinent à influencer les élections ou imposer leur service de streaming. Le mouton est retors. Pas mort. Il utilise des pochettes en plastique pour ne pas abîmer ses vinyles de punk. Ce que je cherche à démontrer ici c’est le rôle central, dans la manière dont s’organise une humanité apeuré, de la productivité du travail et du véritable sujet qui doit te préoccuper : le revenu universel.

Continue Reading →

Ttu fuis les allégations santé dans ton alimentation. Conscient des manipulations marketing et des sous-jacents ethnocentrés, tu préfères te consacrer à la consommation de purée en flocons. Une recette simple et originale, basé sur un végétal de saison. Le flocon de purée est toujours disponible. Tu sais bien que des personnes soumises à une légère odeur de melon choisiront un dessert à faible densité énergétique. Quelque chose de frais. La nourriture comme représentation n’a pas de secret pour toi. Tu sais également que les fibres de coton, dont la production exigea déplacement de populations, sont habilement remplacées par des fibres synthétiques dérivées du pétrole. Dont l’extraction, technologiquement plus ou moins complexe, exige déplacement de populations. Alors tu t’interroges sur le sens de la vie et projette de créer un groupe expérimental basé sur les affinités illusoires. En ces périodes de crise, restons soudés. Comme disait une meuf que je ne connais pas mais qui écrit la nuit sur les murs avec un poska « lutte, tu n’es pas seul ».

Continue Reading →

CLICK HERE FOR ENGLISH VERSION

Yy’a des trucs à voir en Arizona ? Ouais bof. Tu peux longer la frontière et son mur en écoutant Destruction Unit, visiter les vignes de Jerome en écoutant Tool. Rien de bien excitant. Les vrais choses se passent de l’autre côté du mur : les tortillas sans additifs, les fêtes du pulque, la vraie musique de Hipster. Le pays qui sans complexe génère Hocico et Frida Khalo. Et pendant ce temps, tu essayes de interroger sur la qualité des vins de célébrités. Sors un peu de ta bulle. Ouvre-toi. Calexico ? Ouais. Peut-on utiliser des gimmicks pour faire une musique originale ? Le tralala mexicano est-il un refuge punk ? Ouais, à voir la cumbia garantir l’ouverture d’esprit des festivals de petits blancs, t’as peut être raison. Calexico, à défaut de saccager des chambres d’hôtel pour maintenir l’esprit rock’n’roll, ont choisi les voies de traverses et les grands espaces pour nourrir une musique festive mais pas relou. Il fallait donc leur parler des trésors méconnus de nos vignes escarpées. En France, on n’a pas le Grand Canyon mais on a l’Ardèche.  Continue Reading →

Aa mon avis les gars ont trop lu « Surveiller et Punir ». Avec le panoptique devenu réalité, le redressement intériorisé des morales et l’apparition d’une armée de zombies individualisés et propres dans leur tolérance, il fallait bien que quelqu’un remette au gout du jour le folklore des exécutions publiques. Nous sommes coupables d’une obsession pour l’image tu vois.  Avec le recours au supplice dans des mises en scènes gangsta, c’est la langue percée des blasphémateurs agitée devant le pouvoir qui affirme sa véracité. C’est sûr que la civilisation des mœurs avec sa cour disciplinée et son monopole de la violence en a pris un coup. On comprend plus vraiment ce qu’il nous arrive, on pensait gérer la fin de l’histoire comme un profil facebook. Tu vois pourquoi il faut se battre pour nos valeurs. Faire la guerre. Tu vois ? Non ? Il n’y a pas de protection sans exclusion. Terrain glissant de l’explication. Dois-je te rappeler les différences entre explication et compréhension ? Tu crois vraiment que j’ai le temps de lire tous ces bouquins ? Comme on dit dans Leftovers: nous avons tord parce qu’ils apportent quelque chose qu’on n’a pas.

Continue Reading →

Ccette lecture simple et vivace. Une chair ferme, croquante et juteuse. Une trajectoire nette, une belle tension et une finale un peu sèche. Une grande pureté, une trame acide et fraîche. Le vin est un univers loquace dont les crémeuses descriptions et doctes analyses font frissonner nos dimanches. On puise sans plus de précautions dans un langage fleuri et charnel, car le vin, on en parle autant qu’on en boit. La toute-puissance analytique de notre époque cherche à dompter ce vocabulaire, à identifier les aldéhydes plus précisément, à évaluer le plaisir sur une échelle de 1 à 100, et par là crée notre amusement devant les savants-dégustateurs, véritables potentats créant légendes et brisant réputations.  Ah ! nous sommes loin de ces très anthropomorphiques descriptions du XVIIème siècle lorsqu’on disait d’un vin qu’il peut être coquin, aimable, généreux ou brutal. Lorsque le vin était vendu par des apothicaires pour leurs qualités toniques, fortifiantes ou reconstituantes. Evolution des styles dirions-nous… Mais derrière la cravate objective on ne peut s’empêcher de recourir à la chair, à la robe et au corps. D’où cette question que j’ose poser, puisqu’il faut briser les tabous, doit-on parler du vin en recourant au langage scientifique, à celui des arts ou se contenter de très parlantes allusions anatomiques ?

Continue Reading →